Quelle différence en un trimestre! Au quatrième trimestre de 2018, les participants ont vu s’effondrer les marchés financiers. Les fortunes accumulées par le S&P 500 au fil de l’année se sont évaporées de septembre à novembre et le père Noël n’a déposé qu’un morceau de charbon dans les bas des épargnants, les actions américaines essuyant leurs plus lourdes pertes de l’histoire pour un 24 décembre. Aux quatre coins du monde, les autres marchés n’ont pas mieux tiré leur épingle du jeu pendant cette période. C’était, comme nous aimons le dire dans le secteur, « un exemple parfait de la raison pour laquelle les épargnants doivent se fixer un horizon de placement éloigné ». Puis au premier trimestre de 2019, les marchés boursiers ont rebondi avec un dynamisme indéniable. Quels enseignements devraient donc avoir tirés les épargnants sur les six derniers mois? Bon nombre d’entre eux ont assurément douté des conseils qui leur ont été prodigués à la fin de 2018, avant d’être récompensés d’avoir tenu bon ces derniers mois. Mais que pouvons-nous retenir des événements récents et quels ajustements devrions-nous apporter pour protéger les précieux fonds que nous avons épargnés au cours des prochaines années?

Dans la fameuse étude de Brison, Hood et Beebower intitulée « Determinants of Portfolio Performance », les auteurs avancent que 93,6 % de la volatilité du rendement d’un portefeuille est attribuable à la répartition de l’actif![i] Pour Harry Markowitz, économiste réputé et lauréat du prix Nobel, la diversification est « le seul repas gratuit de la finance ». Pourtant, je vois constamment des portefeuilles de personnes intelligentes qui sont concentrés sur une poignée de titres. Le coupable, qui nous fait jouer rapidement et perdre notre épargne, est l’impôt sur les gains en capital. Les épargnants se sentent riches de la valeur inscrite sur leurs relevés trimestriels et les bénéfices enregistrés justifient, à leurs yeux, qu’ils laissent les titres champions occuper une part de plus en plus grande de leurs portefeuilles. Réfractaires à l’idée de payer le fisc, ils s’abstiennent de rééquilibrer rationnellement leur portefeuille, ce qui laisse ironiquement ce dernier à la merci d’un choc brutal en cas de correction du marché. En période baissière récessionniste, le marché chute en moyenne de 30,4 %.[ii] Les corrections de ce genre, souvent annoncées par certains signes, sont assurément sans pitié. Elles ont tendance à entraîner tous les secteurs dans leur sillage. Elles tendent à frapper plus durement les épargnants fortunés en raison de la concentration de leurs placements, insuffisamment diversifiés.[iii]

La plupart des épargnants fortunés savent qu’ils devraient adhérer à une stratégie fondée sur la diversification, mais il ne suffit pas de le savoir. Bon nombre d’entre eux sont incapables d’expliquer ce qui guide leurs décisions quant à la vente des placements qui constituent leur portefeuille. Lorsqu’on insiste, ils sont nombreux à avancer que si un placement a perdu plus de 10 % de sa valeur, ils recommanderaient de le vendre pour enrayer la perte. En revanche, quand un placement a gagné 10 % ou plus, ils ont plus de mal à décider de le vendre. Plus le gain est élevé, plus il est difficile de l’empocher. Les épargnants ont généralement une aversion pour les pertes. Mais lorsqu’ils ont enregistré des gains, ils oublient les règles et sont nombreux à conserver des titres qui se sont fortement appréciés sans rééquilibrer leur portefeuille selon la répartition stratégique de leurs actifs.[iv] C’est le genre de comportement qui rend les économiques fous, car il est irrationnel selon leurs modèles. Seulement, voilà, nous vivons dans un monde d’humains et non dans un modèle économique. L’impôt à payer est l’un des obstacles à la prise de bénéfices. Calculons. Supposons qu’un épargnant prospère ait placé un demi-million dans les actions de l’une des cinq grandes banques canadiennes à l’automne 2008 et que la valeur de ces actions ait doublé. S’il résidait en Ontario, était imposé au taux marginal le plus élevé et vendait ses actions, il devrait payer un impôt d’environ 133 800 $. En supposant au contraire qu’il décide de conserver les actions, il exposerait l’ensemble de son placement d’un million de dollars à la perte moyenne lors d’un futur marché baissier. Cette perte serait de 304 000 $. L’épargnant aurait mieux fait d’empocher le bénéfice de 170 200 $ et de rééquilibrer son portefeuille selon la répartition stratégique de ses actifs.

Les épargnants qui souhaitent atteindre leurs objectifs au fil du cycle économique doivent appliquer une méthode stratégique et rigoureuse. Même s’ils respectent toutes les règles, rien ne garantit le résultat. Quand ils enfreignent les règles et qu’ils oublient leurs principes en cours de route, ils mettent potentiellement en péril leurs perspectives de réussite. Au début du cycle, quand les marchés rebondissent après avoir touché le fond, la probabilité d’enregistrer de nouveaux gains nous incite souvent à conserver nos titres champions. Or, plus nous les conservons, plus nous nous en remettons à la chance plutôt qu’à la logique et à la rationalité en prenant nos décisions de placement. La question qu’il faut se poser est la suivante : « Est-ce que j’achèterais encore cette action aujourd’hui, à ce prix? ». Si la réponse est « non », vendez-la et payez des impôts. Vous vous en féliciterez plus tard.

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[i] https://www.cfapubs.org/doi/pdf/10.2469/faj.v51.n1.1869
[ii] https://www.cnbc.com/2018/10/26/the-stock-market-loses-13percent-in-a-correction-on-average.html
[iii] https://soundmarkwealth.com/how-much-of-your-wealth-is-tied-up-in-a-single-stock/
[iv] https://www.cpapracticeadvisor.com/accounting-audit/article/12411062/9-ways-to-manage-capital-gains

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